Les urnes ont parlé. Les records de participation aux élections ont été pulvérisés au regard du mécontentement citoyen généralisé face à une dictature déguisée. Et le couperet est tombé avec une clarté implacable. En infligeant une défaite magistrale à Donald Trump et au Parti Républicain lors des élections de mi-mandat, le peuple américain vient de signer un cinglant désaveu de l’arrogance, du bellicisme et de la politique de destruction menée sur la scène internationale depuis son retour à la maison blanche.
Ce scrutin s’apparente à bien d’égards à un tribunal populaire. Au delà des considérations intérieures, c’est la ligne politique ultra agressive de l’administration Trump qui a été jugée et lourdement sanctionnée. Les citoyens américains ont voulu signifier un coup d’arrêt brutal à une gouvernance marquée par le mépris de la souffrance et de la dégradation quotidienne du niveau de vie des classes moyennes et des classes pauvres. Cette sanction s’étend également au mépris des équilibres mondiaux, à l’escalade des conflits armés et une fuite en avant destructrice pour les autres peuples.
Fin de mandat sous le signe de l’hubris
Dès le premier jour, l’équipe au pouvoir a choisi de troquer la diplomatie contre la provocation, érigeant l’arrogance en méthode de gouvernance. Les décisions impopulaires envoyant des troupes américaines attaquer des pays souverains sont des ingérences brutales qui n’ont pas seulement brisées des vies au delà des frontières, mais elles ont fini par lasser et effrayer le citoyen électeur américain lucide et conscient, que le bellicisme de Washington menaçait fortement l’avenir des États-Unis et la stabilité de la planète entière. En prenant le contrôle des leviers législatifs au congrès, les américains ont envoyé un signal fort à la classe politique dirigeante. Qu’ils comprennent que l’unilatéralisme agressif, le mépris des peuples étrangers et l’indifférence face à la dégradation continue du tissu social à travers la cherté de la vie, ne constituent pas une boussole acceptable pour une grande démocratie.
Cette déroute électorale qui est une sanction historique constitue un avertissement sans frais pour les apprentis sorciers de la politique interne et étrangère américaine. En humiliant durement le clan républicain, le peuple a rappelé que l’hubris des dirigeants finit toujours par se fracasser sur la réalité du suffrage universel. La page d’une toute puissance arrogante se referme, laissant place à l’exigence urgente d’une rupture avec des logiques de destruction et surtout de considération des choix des autres à être réellement indépendants et pleinement souverains.
Éric Moïse NKOUANDOU MOUNTOUMNJOU