Sur l’axe stratégique reliant Ntoum à Cocobeach, la poussière du chantier se mêle désormais à une autre exigence : celle de la transparence. À la faveur d’une visite de terrain conduite par le nouveau directeur général Ismaël Bonkoungou, les équipes techniques et la mission de contrôle ont voulu apporter des réponses concrètes aux interrogations persistantes sur la qualité des travaux.
Au cœur de cette opération : une campagne de carottage de chaussée. Une méthode aussi technique que symbolique, qui consiste à prélever des échantillons cylindriques les fameuses « carottes » directement dans la structure de la route. Objectif : vérifier, preuve à l’appui, que les différentes couches de la chaussée respectent scrupuleusement les normes en vigueur, tant en épaisseur qu’en qualité. « Notre rôle est clair : contrôler, vérifier et attester de la conformité des travaux au nom de l’État », explique Assari De-Ndouna Platini, chef de mission de contrôle et PDG d’ADN Engineering. Sur le terrain, les équipes ne laissent rien au hasard. Du premier prélèvement effectué non loin du PK0, à Ntoum, jusqu’au second au PK80, à Cocobeach, les constats se veulent rassurants. Les résultats parlent d’eux-mêmes : des épaisseurs mesurées à 21 cm et 19,5 cm, bien au-dessus de la norme minimale fixée à 18 cm. « Ces données confirment que les ouvrages réalisés respectent les spécifications techniques », insiste le responsable, rappelant que la mission de contrôle suit, étape par étape, l’évolution du chantier aux côtés de l’entreprise en charge des travaux. Au-delà de la démonstration technique, l’enjeu est aussi politique et social. Dans un contexte où les grands projets d’infrastructures sont scrutés par l’opinion publique, cette opération vise à lever toute équivoque. Montrer, chiffres à l’appui, que les engagements sont tenus. Même son de cloche du côté de l’entreprise exécutante. Face à la presse, Ousmane Cissé, directeur du projet pour Ebomaf BTP, s’est voulu rassurant : « La qualité des ouvrages réalisés est conforme, et les travaux avancent dans le respect des délais contractuels». La visite s’est poursuivie le long du linéaire, notamment au niveau des installations liées aux futurs postes de péage autre maillon clé du projet. Sur place, ingénieurs, techniciens et responsables administratifs ont échangé sur l’état d’avancement et les prochaines étapes.
Plus qu’une simple descente de terrain, cette mission de contrôle d’étape s’inscrit dans une volonté plus large : réconcilier exigence technique et redevabilité publique. Sur la route Ntoum-Cocobeach, la crédibilité des infrastructures passe désormais aussi par la preuve scientifique.
Joseph Keurtys MABIMBA, Correspondant permanent Globe Afrique Magazine – Gabon