La foire commerciale intra-africaine (IATF) 2025 qui se déroule actuellement à Alger est bien plus qu’un simple événement économique. Elle est le symbole d’une ambition continentale, celle de transformer les discours politiques en action concrète pour que l’Afrique au regard de ses ressources naturelles et stratégiques, devienne une puissance commerciale capable d’élaborer ses propres normes, d’imposer ses propres termes d’échanges. L’édition 2025 qu’accueille Alger placée sous le thème : « Passerelle vers de nouvelle opportunités » aborde implicitement certaines questions centrales qui n’ont jamais trouvé de réponses et qui ont contribué au fil des décennies à maintenir le continent au rang de gigantesque pourvoyeur de matières premières paradoxalement hissé en tête de tous les classements comme étant la terre de la pauvreté. Toutes les expertises réunies en terre d’Algérie sont unanimes: IL FAUT QUE ÇA CHANGE !
Des réponses stratégiques sont apportées lors des différents échanges du forum IATF Alger 2025 et des résolutions pour l’ensemble des représentants de structures représentées portent à changer profondément le rôle joué par l’Afrique dans le système commercial international. Passer du rôle de fournisseur de matières premières stratégiques vulnérables aux fluctuations des marchés et aux décisions des grandes puissances économiques, à une véritable puissance commerciale qui s’assume et qui assure désormais une réelle intégration économique intra-africain. L’IATF 2025 est une réponse directe à ce schéma qui s’inscrit dans le cadre de la Zone Libre Échange Continentale Africaine (ZLECAF) avec un focus particulier sur le Pan-African Payment and Settlement System (PAPSS) qui est un système de paiement qui intègre les monnaies nationales pour rééquilibrer, améliorer et approfondir les relations commerciales entre pays africains.
Avec la participation de plus de 2 000 exposants et 35 000 visiteurs venant de 140 pays, l’évènement vise à créer un marché africain de plus d’ un milliard de personnes, avec pour objectif de stimuler les échanges, de favoriser l’industrialisation afin de promouvoir les produits à valeurs ajoutées qui contribueront à générer les emplois sur le continent. En renforçant ses propres chaînes de valeurs, l’Afrique cherche à s’affranchir de son rôle de simple exportateur de matières premières et à se positionner comme un partenaire commercial fort et autosuffisant. Les organisateurs de ces rencontres stratégiques prévoient des accords commerciaux qui illustreraient grandement l’application des résolutions qui conduisent vers la réalisation des ambitions de la ZLECAF.
Les défis sont nombreux face à une volonté politique qui s’éloignent de plus en plus des discours des grands sommets pour l’implémentation des stratégies opérationnelles pour passer du virtuel au réel, de la pauvreté entretenue à l’industrialisation qui permettra d’assurer une transformation locale des ressources. Cette mutation irrévocable passera forcement par un réveil des peuples qui se contentent encore pour la majorité d’être des consommateurs passifs. L’exemple des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) est une voie toute tracée que les autres gagneraient à suivre. L’Afrique n’est pas pauvre, mais a tout simplement été appauvri.
Éric Moïse NKOUANDOU M.