La condamnation de Nicolas Sarkozy, ancien président de la république à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007 marque un tournant judiciaire inédit en France. Un verdict qui dévoile publiquement l’existence de transactions mafieuses entre les dirigeants français et certains gouvernants africains qui ont depuis toujours utiliser l’argent des ressources appartenant aux différents peuples pour satisfaire les besoins politiques obscures d’une élite française foncièrement corrompue. Au delà de cette affaire qui soulève les questionnements plus profonds, il est important de relever que le rôle de ce va t-en-guerre qui engageait la France soutenue par l’occident dans la chute sanglante de Mouammar Kadhafi, n’a pas encore été évoqué. Ce crime politique crapuleux restera t’il impuni comme tous les autres l’ont été ?
Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu l’ancien président Nicolas Sarkozy coupable d’avoir été responsable des transactions occultes ayant permis aux fonds libyens sous l’ère Kadhafi de financer grassement une campagne électoral dont l’issu lui a été favorable, son clan et lui. Si toutes les charges n’ont pas été retenues par les juges, la peine reste symboliquement lourde pour le commun des français pour qui jamais un ancien chef d’état français n’avait été condamné à une telle sanction, mais relativement légère pour les africains qui subissent encore les conséquences tragiques d’un assassinat politique non voilé qui a détruit la Lybie et déstabilisé toute la région sahélienne, du Tchad au Nord Cameroun en passant par le Nigeria. Cette décision qui est restée muette sur ce volet de l’histoire à savoir l’intervention militaire de 2011, élude encore bien le rôle de Sarkozy sur les massacres et les milliers de morts en Côte d’ivoire lorsqu’il décida de faire vitrifier le Président élu Laurent Gbagbo pour installer un doux compagnon acquis à la préservation des intérêts français et occidentaux dans le pays.
Des financement occultes ? une pratique françafricaine devenue systémique au fil du temps
L’ affaire Sarkozy n’est pas un cas isolé. Depuis les indépendances déguisées dans les années 60, plusieurs dirigeants africains foncièrement corrompus ont toujours financé directement ou indirectement les campagnes politiques françaises selon de fracassantes révélations faites par certains acteurs de ce système opaque dans des éléments d’enquêtes journalistes diffusés par la chaîne de télévision française France 2 à une certaine époque. Ces pratiques rarement avouées ouvertement ou officiellement, ont nourri un système de dépendance et de compromission appauvrissant ainsi les peuples africains obligés de subir les pires injustices pour une survie hypothétique dans des conditions incroyablement inhumaine. La majorité de cette jeunesse dépossédée et profondément appauvrie obligée de prendre des risques colossaux pour traverser mers et déserts afin d’espérer avoir de meilleures conditions de vie. Ces régimes autoritaires trouvaient dans ces pratiques une protection diplomatique et militaire de leurs « maîtres ». Des colonisateurs dont le massacre des peuples noirs pour un pillage systématique des ressources naturelles stratégiques était devenu très normal. En contrepartie, les responsables politiques français gagnaient des ressources financières colossales non contrôlées pour leurs campagnes électorales et leurs vies de luxe en France et à travers le monde. Ce système hérité de la « Françafrique », a longtemps prospéré dans l’ombre au détriment de la transparence et de la souveraineté des peuples africains. Les dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES) sont venus mettre un terme à une relation incestueuse qui vide l’Afrique de son sang au profit des autres.
La condamnation de Nicolas Sarkozy pour financement occulte représente pour les africains épris de justice, uniquement une première étape judiciaire. Les questions les plus profondes demeurent: qui répondra des conséquences humaines, politiques, géopolitiques et économiques de l’intervention en Lybie ayant conduit à l’assassinat du guide Kadhafi ? La destruction de l’État libyen ayant ouvert la voie au chaos, aux trafics de tout genre et à la montée du terrorisme dans le Sahel avec pour conséquences directes des millions de vie africaines qui ont été bouleversées par les migrations forcées dû à cette instabilité régionale. La responsabilité des puissances occidentales, de la France et de son dirigeant de l’époque sont curieusement restés tabous pour les organisations judiciaires internationales en charge des questions de crimes et de génocides, toujours très enchantés à trainer les dirigeants africains devant ces juridictions du deux poids deux mesures. Heureusement pour l’Afrique qui s’éveille, des dirigeants dignes qui sont entrain de restaurer la souveraineté tant recherchée à leurs peuples, ont sonné la fin de la récréation en validant de manière conjointe, leur retrait de ces instances internationales à double visage.
Éric Moïse NKOUANDOU M.