Le stade Adrar d’Agadir a vibré ce soir comme une arène antique. Les chants des supporters camerounais, mêlés aux tambours gabonais, formaient une symphonie de ferveur africaine. Dans l’attente de découvrir le nouveau visage d’une équipe camerounaise largement remaniée, les hommes de David PAGOU ont répondu présents de la plus belle des manières.
Dès les premières minutes, le Cameroun frappe fort. Karl Etta Eyong, pour son premier match dans la compétition africaine, surgit tel un éclair et propulse le ballon au fond des filets sur une passe lumineuse de Bryan Mbeumo. Le rugissement des Lions Indomptables résonne dans tout le stade. 1-0, et le ton est donné ce match ne sera pas une simple rencontre, mais un combat de fierté avec un adversaire qui avait du répondant. Privé de son capitaine emblématique Pierre-Emerick Aubameyang dès l’entame du match, les Panthères sortent les griffes en l’injectant plutôt que prévu et multiplient les assauts, mais se heurtent à un mur, calme et rassurant Devis Epassy, gardien camerounais, héroïque, qui repousse chaque tentative avec une assurance presque insolente. À chaque arrêt, c’est tout un peuple qui respire.
À la reprise, la tension monte, les duels s’enflamment. Franck Magri entré à la place du buteur du jour côté camerounais, manque de peu le but du break avec une tête qui s’écrase sur la transversale, laissant le public suspendu entre cris et soupirs.
Les minutes s’égrènent, lourdes comme des battements de cœur. Le Gabon pousse, mais le Cameroun résiste. Et lorsque l’arbitre siffle la fin, c’est une explosion. Les Lions Indomptables rugissent pour des jeunes qui se retrouvaient sur la pelouse pour la première fois, victorieux, portés par la passion et la détermination, ce qui a permis d’assurer l’essentiel en prenant ses trois premiers points de la compétition. Ce qui rassure pour la seconde rencontre face aux champions en titre.
Éric Moïse NKOUANDOU M. / (C) Photo Didier Lefa