Le Sommet africain sur l’innovation nucléaire (NEISA 2026), qui se tient à Kigali, suscite de grands espoirs. L’énergie nucléaire est présentée comme une solution pour bâtir une Afrique souveraine et prospère. Mais au-delà des discours, les jeunes Africains attendent des actes concrets de leurs dirigeants, lassés des sommets dont les résolutions restent lettre morte et n’améliorent jamais leur quotidien. Le nucléaire peut-il devenir la pierre angulaire de l’indépendance énergétique africaine ? L’Afrique, riche en ressources naturelles mais dépendante des importations de toutes natures, cherche une voie vers une industrialisation durable. Le nucléaire est présenté comme une solution capable de fournir une énergie fiable, abondante et compétitive. Mais derrière cette promesse se cache une question fondamentale. Cette technologie permettra-t-elle réellement de bâtir une souveraineté énergétique, ou risque-t-elle d’ouvrir une nouvelle dépendance technologique et financière ?
L’indépendance énergétique, condition de la souveraineté
L’ indépendance ne sera réelle que si les États africains investissent eux-mêmes sur fonds propres, loin des accords financiers contraignants, avec le soutien des partenaires sincères. Cela permettra de développer des compétences locales tout en garantissant une gouvernance transparente.
Industrialisation et emplois
Sans énergie fiable, l’industrialisation africaine reste un mirage. Le nucléaire pourrait soutenir les industries lourdes, manufacturières et technologiques, créant ainsi des emplois qualifiés et bien rémunérés. Ces opportunités locales seraient un levier puissant pour freiner l’exode massif des jeunes vers l’Occident.
Les chefs d’État face à leurs responsabilités
Les Africains espèrent ardemment que leurs dirigeants passent enfin des paroles aux actes. Trop souvent, les sommets se terminent par des déclarations ambitieuses sans impact réel. NEISA 2026 doit marquer une rupture. Il est temps que les décideurs africains prennent des initiatives concrètes, investissent dans des projets énergétiques structurants et assument leur rôle de bâtisseurs du continent.
Le nucléaire peut être une clé pour une Afrique souveraine et prospère, mais seulement si les dirigeants africains transforment les promesses en actions. Les jeunes générations n’attendent plus des discours. Elles veulent des projets, des emplois et un avenir construit sur le continent. NEISA 2026 doit être le point de départ d’une nouvelle ère où l’Afrique cesse d’être spectatrice et devient actrice de son destin énergétique et industriel.
Éric Moïse NKOUANDOU M.