Dès la proclamation officielle des résultats de l’élection présidentielle par le Conseil Constitutionnel, seule instance républicaine habilitée selon la loi à se soumettre à cet exercice, certaines villes du Cameroun se sont retrouvées plongées dans une violence caractérisée par des scènes incroyables de destruction, de pillages systématiques et de désordre généralisé, orchestré par des hordes de jeunes qui, visiblement après observations, enquêtes et analyses sur le terrain ne sont pas en âge de voter pour plusieurs donc pas détenteurs de cartes électorales et pour la plupart sans cartes nationale d’identité. Visiblement anticipé par une officine bien huilée, installée dans certains pays occidentaux, le prétexte planifié a juste été activé avec pour objectif de tout brûler, tout détruire, tout simplement semer le chaos. Ce qui aurait pu être une séquence démocratique normale caractérisée par des marches pacifiques non violentes s’est transformé en acte de déstabilisation. Dans ce climat tendu, la posture de certains partenaires internationaux, notamment la France et l’Union Européenne incapables de condamner fermement l’escalade de violences qui alimentent les tensions, soulève une question fondamentale : la souveraineté du Cameroun est-elle devenue une variable négociable au gré des humeurs ou des intérêts étrangers ?
Le Cameroun est un pays indépendant et n’entend plus retourner à l’époque où toute la posture à adopter et la ligne de conduite à respecter lui étaient imposées par des officines occidentales par le biais des relais locaux bien encrés à l’intérieur du système politico-administratif. La posture diplomatique adoptée par la France et l’Union Européenne au lendemain de la proclamation des résultats doit permettre au Cameroun de rompre définitivement avec de telles relations qui sont incapables d’impartialité en temps de crise, surtout lorsque celle-ci est visiblement instrumentalisée par des acteurs bien identifiés qui appellent en longueur de journée à la déstabilisation du pays sous la fallacieux prétexte d’un changement vendu dans l’imaginaire des esprits faibles et naïfs qui succombent sans aucune réflexion approfondie à cette manipulation orchestrée. La prise de note telle que mentionnée dans le courrier signé dans la déclaration du porte-parole du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères est un mépris affiché et une condescendance vis-à-vis d’un pays indépendant qui doit pouvoir gérer ses problèmes internes sans ingérences étrangères. Cette communication moralisatrice relayée sur les canaux digitaux diplomatiques officiels interroge. Ce positionnement semble ignorer les réalités internes du Cameroun. Il occulte les efforts de régulation, de prévention institutionnelle annoncés en prévision des appels incessants à la déstabilisation diffusée depuis plusieurs années par une clique bien identifiée. Cette posture minimise la gravité des violences et donne l’impression du deux poids deux mesures qui a toujours caractérisé l’hypocrisie affichée de ces soi-disant partenaires internationaux.
La gestion des tensions post-électorales ne peut être laissée à l’arbitraire des intérêts géopolitiques ou à la subjectivité des lectures partisanes. Elle doit s’ancrer dans une logique de responsabilité partagée, de respect des institutions et de promotion de la paix sociale. L’armée camerounaise en parfaite harmonie avec les unités spéciales de la Sureté et de la Gendarmerie Nationale ont su par leur professionnalisme assurer avec brio la gestion de ces violences tout en assurant une communication pédagogique auprès des populations pour qu’ils redoublent de vigilance afin d’éviter que certains jeunes ne se laissent embarquer dans une folle aventure déstabilisatrice meurtrière aux conséquences irréparables. Certaines dérives de quelques éléments de sécurité pris sous le feu de certaines actions sont condamnées généralement avec des sanctions internes appliquées à ceux-là qui auraient manqué au respect des règlements appliqués dans des circonstances particulières. La paix est un idéal non négociable. On ne saurait évoquer une émergence projetée tout en détruisant l’existant sous quelques prétextes que ce soit.
Éric Moïse NKOUANDOU M.