De la misère politique entretenue qui consistait à faire suivre les ordres établis par les officines occidentales, l’Afrique se lève par la voix de ses dignes fils de l’Alliances des États du Sahel (AES) pour imposer respect et considération. À la tribune de la 80e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, le Premier Ministre malien le Général de Division Abdoulaye MAÏGA, a livré un discours d’une intensité rare, à la fois solennel et frontal. Il ne s’agissait pas d’une allocution diplomatique de convenance, mais un véritable acte de souveraineté, un cri de dignité porté par la Confédération des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Niger et le Burkina Faso.
Sur la scène onusienne où les discours politiques officiels n’ont jamais reflété la réalité sur le terrain, la rupture imposant une souveraineté incontournable a été affirmée. Le ton est donné dès les premières lignes. L’AES ne quémande plus la reconnaissance, elle l’impose. Abdoulaye MAÏGA devant un parterre de diplomates internationaux et représentants des délégations qui ont l’habitude de manière insidieuse de considérer les noirs comme les derniers êtres sur terre, évoque une Afrique francophone en pleine mutation, déterminée à se libérer du joug de l’impérialisme et à réaliser son autodétermination dans un esprit panafricaniste. Le poignant discours s’inscrit dans une dynamique de rupture totale avec les anciennes puissances coloniales, notamment la France, accusée ouvertement au regard de toutes les preuves accumulées depuis toujours, de maintenir des mécanismes néocoloniaux et de nourrir avec financements obscures des conflits interminables sur le continent.
Dénonciation ouverte des complicités avérées d’entretien, d’encadrement et de financement du terrorisme dans le Sahel et en Afrique
Le Premier ministre Abdoulaye MAÏGA n’a pas mâché ses mots et ne s’est pas contenté de formules diplomatiques. Il a ouvertement accusé certains pays occidentaux d’être des sponsors étatiques du terrorisme dans le Sahel. Il a pointé du doigt l’Algérie qui s’est érigé en complice de la division et de la fragmentation du Mali en morceau comme cela avait été le cas pour le Soudan. Le cas récent de la destruction d’un drone sur le territoire malien a été cité. Ces pays n’hésitent plus à accueillir sur leurs terres et à recevoir sur les plateaux de télévision, les représentants de ces groupes terroristes qu’ils érigent en modèles après avoir commis des graves crimes contre l’humanité. Il a par ailleurs dénoncé avec fermeté l’instrumentalisation des groupes armés obscurantistes qui servent de leviers géostratégiques pour affaiblir les États africains et justifier des interventions militaires ou des ingérences politiques. Cette dénonciation s’inscrit dans une logique de reconquête territoriale et de réappropriation des leviers de sécurité. Selon le Premier Ministre MAÏGA, l’AES mutualise ses efforts militaires, renforce ses capacités opérationnelles et affirme sa volonté de ne plus dépendre de forces extérieures pour assurer sa sécurité.
Une Afrique francophone sclérosée, infiltrée, pillée et esclavagisée par la complicité des dirigeants indignes, en quête d’unité et de puissance régionale
Pendant très longtemps, ils ont été recrutés sous la forme d’élections « démocratiques » masquées et ont été complices du pillage massif des pays qu’ils étaient censés dirigés. Ces Chefs d’État qui se comptent encore par dizaine n’hésitent pas au moment où le monde bouge, de continuer à jouer le jeu macabre d’esclaves accompagnateurs du maître pilleur. Ce qui vide leurs pays respectifs de leur substance nutritive, en installant une pauvreté galopante pesant sous le poids d’une corruption généralisée. Au delà du volet sécuritaire, le discours du premier ministre malien, trace les contours d’une ambition économique, diplomatique, géopolitique et géostratégique. Après la sortie remarquable du Statut de Rome qui met un terme à l’influence d’une court de justice dite internationale du deux poids deux mesures, l’AES envisage l’ouverture et le début effectif des activités de la Banque Confédérale pour l’Investissement et le Développement (BCID-AES). La rupture avec une monnaie coloniale sera bientôt consommée. Ces pays désormais libérés misent sur l’agriculture, l’énergie, l’éducation, et les infrastructures pour bâtir une puissance régionale aux assises solides et outillée pour faire face aux enjeux d’un monde occidental manipulé. Avec plus de 75 millions d’habitants, et des ressources naturelles abondantes, la Confédération se projette comme un acteur incontournable du nouvel ordre africain.
Ce discours d’Abdoulaye MAÏGA à la 80e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies marque un tournant décisif sur la posture des pays africains dont la souveraineté n’est plus questionnable. Il ne s’agit plus de demander, mais de déclarer en assumant. L’AES par la voix du Mali affirme une Afrique debout, lucide et prête à assumer son destin. Un moment historique que les peuples africains devront méditer avec gravité et espoir.
Par Éric Moïse NKOUANDOU MOUNTOUMNJOU