L’information qui circule à une vitesse fulgurante à l’ère des Technologies de l’Information et de la Communication dépasse très souvent la capacité de vérification de tout ce qui est véhiculé et mis à la disposition d’un très large public. Cette accélération a ouvert la porte à de nouvelles formes de désinformation dans lesquelles la quête du sensationnel généralement orientée par des intérêts inavoués, l’emporte sur le soucis de restitution des faits. La vérité sur le terrain étant toute autre chose au regard des multiples décisions de justices rendues concernant les cas de la Fédération Camerounaise de Football dont l’acharnement sur son Président depuis sa prise de fonction en Décembre 2021 et la manifestation de la haine qui s’en suis sont flagrantes. L’affaire impliquant la FÉCAFOOT et la Russian Football Union (RFU) à propos d’un match amical organisé à Moscou en Octobre 2023, en est une parfaite illustration.
Ces derniers temps, les plateformes numériques, blogs et autres ont été le théâtre d’une profusion de documents prétendument administratifs à savoir des contrats, des correspondances, sans avoir effectués de démarches préalables pour une authentification des dits documents par les structures émettrices avant toutes publications. Leur viralité sur les réseaux a suffit à activer la machinerie du soupçon, conduisant à des mises en accusation publiques, souvent violentes, visant en particulier le Président de la Fédération Camerounaise de Football, Samuel ÉTO’O. Ce recours précipité à des éléments non vérifiées pose un problème fondamental, celui de la valeur probante de ces documents qui est inexistante sans authentification formelle. Dans l’univers juridique comme dans l’univers journalistique, l’agitation calomnieuse teintée de haine relève tout simplement de la rumeur jusqu’à ce qu’à ce que l’une des institutions citées ne fasse une publication institutionnelle sur l’une de ses plateformes authentiques certifiées. L’usage de tels documents dans l’espace public devrait appeler à la prudence et non servir de socle à des campagnes d’opinion transformées en sentences judiciaires virtuelles. Cette forme de tribunal populaire numérique où l’émotion et l’instantanéité prennent le pas sur l’enquête journalistique et la présomption d’innocence devrait non seulement faire l’objet de sanctions particulières au regard de multiples préjudices infligés au diffamé, mais aussi d’un encadrement juridique rigoureusement imposé et appliqué par les structures spécialisées de régulation et de sécurité. Cette dérive systémique de l’espace public numérique est un mal qui est devenu très profond.
Dans le cas précis du Président de la FÉCAFOOT, les accusations de détournements de fonds publics ont été faites avec une célérité troublante sans fondement juridique, ni réserve déontologique. Des blogueurs et pages se réclamant du journalisme ont relayé des documents suivis d’affirmations et d’accusations graves, sans respecter la moindre procédure de recoupement, ni même solliciter une réaction des responsables des différentes structures concernées. On est là dans une pratique qui viole non seulement les principes de la profession, mais aussi les fondements même de l’État de droit. Ce phénomène qui s’est amplifié depuis l’arrivée de Samuel ÉTO’O à la tête de la fédération peut s’analyser sous l’angle d’une désinformation planifiée et rémunérée par des acteurs bien connus dont les intérêts ont été sérieusement ébranlés depuis que des réformes profondes dans le milieu du football ont été engagées. L’objectif étant de susciter de vives émotions en nourrissant une dynamique de buzz sous forme de haine, pour détruire l’image d’ÉTO’O Président, dont le caractère d’homme rigoureux orienté vers le respect des lois et valeurs républicaines n’est plus à démontrer. La répétition des attaques contre sa personne n’est donc pas anodine, l’objectif affiché de cette clique corrompue étant de l’éjecter hors de la fédération, voir loin des milieux du football, son profil n’étant pas adapté à celui recherché qui pourrait continuer à couvrir toutes les dérives et malversations de toutes natures qui existent dans ce milieu.
En l’absence de documents certifiés par la FÉCAFOOT, la RFU ou les autorités compétentes, il serait juridiquement irresponsable et éthiquement déplorable de qualifier un responsable de structure de « détourneur de fonds ». Une telle accusation sans preuve irréfutable relèverait plutôt de la diffamation que de l’analyse critique. Cet épisode offre une opportunité de plus aux autorités camerounaises de questionner les habitudes de consommation de l’information, mais aussi d’établir les responsabilités des producteurs de contenus dits « journalistiques ». La dimension atteinte dans cet environnement a franchi le seuil de l’inacceptable depuis belle lurette. Il est important de rappeler à ces acteurs qui pullulent dans cet espace que la liberté qui ne saurait se confondre au libertinage doit s’accompagner d’un devoir de rigueur, de vérification et surtout d’honnêteté intellectuelle.
Éric Moïse NKOUANDOU M.