Porté à la tête de la Fédération Camerounaise de Football depuis quatre ans à la suite d’une élection tendue et très suivie par les amoureux du ballon rond à travers le monde, attaqué et diffamé par les adeptes de la tricherie et d’une corruption institutionnalisé, Samuel ÉTO’O a présenté son bilan ce 07 Août 2025 au Centre d’Excellence de la CAF à Mbankomo lors d’une l’Assemblée Générale Extraordinaire qui restera gravée dans les mémoires. Plus qu’un simple exercice statutaire, cette rencontre avec les délégués de l’Assemblée Générale a incarné un moment de vérité, de bilan, et de résistance face aux vents qui soufflent dans la direction opposée au changement.
Quatre années passées à la tête de la FÉCAFOOT, le mandat du Président était placé sous le signe des réformes pour permettre au football camerounais de retrouver toute sa grandeur. Le bilan assez dense malgré des turpitudes de toutes natures, a été marqué par:
- La revalorisation des subventions aux clubs, de 11 à 48 millions FCFA pour la MTN Elite One et MTN Elite Two .
- La professionnalisation des championnats, avec des salaires garantis pour les joueurs et joueuses.
- 200 000 FCFA pour les joueurs d’Elite One et 150 000 FCFA pour ceux d’Elite Two. Durant le travaux le Président de la Fédération a annoncé une revalorisation du salaire des joueuses de la Guinness Super League qui devrait passer de 50 à 100 000 FCFA avec paiement effectif.
- La revalorisation des prize money pour toutes les compétions organisées par la fédération.
- La réinstauration de la plus grande cérémonie de récompense des meilleurs acteurs du football de la saison: le Ballon d’Or .
- Une attraction réactivée qui s’est manifestée durant les quatre années par un afflux de partenaires de toute nature pour soutenir la fédération dans ses missions de restructuration et de développement du football.
- La construction et la réhabilitation d’infrastructures sportives à Bamenda, Kousseri, avec le soutien des partenaires, à Odza avec la finalisation du Centre Technique de la CAF et Warda avec la finalisation en cours de l’immeuble siège de la Fédération.
- Une gestion administrative rigoureuse qui a fait face au défi de restructuration qui a bousculé plusieurs réseaux de corruption et de détournement entrainant une vague de tentatives de déstabilisation par des personnes impliquées dans ces pratiques de bas étages.
- Une gestion juridique rigoureuse, avec plus de 90 % des procès remportés avec un effet d’entraînement ayant obligé la fédération de dépenser près de 2 Milliards de FCFA.
Mais derrière cette présentation qui annonce des lendemains meilleurs pour le football camerounais et les principaux acteurs, se cache une vision de développement sans complaisance qui s’est affirmée : celle d’un football camerounais structuré, épuré des pratiques mafieuses et surtout tourné vers une professionnalisation irréversible.
Face aux violentes attaques : l’ homme digne et incorruptible reste debout
Le mandat de Samuel ETO’O n’a pas été un long fleuve tranquille. Accusations de détournement, critiques virulentes dans la presse, tensions avec les arbitres, et même des plaintes internes à la FÉCAFOOT ont jalonné son parcours. Pourtant, lors de cette AG, le président n’a pas esquivé, il a tenu pendant plus d’une heure trente à mettre « les points sur tous les i » en fustigeant profondément l’attitude d’une presse à gages payée pour salir, pour humilier, pour détruire : « Quand j’ai tort, dites-le. Mais quand j’ai raison, dites-le aussi. N’acceptez pas d’être achetés pour salir un frère ». Son plaidoyer pour Rigobert Song, son ancien sélectionneur injustement vilipendé, a ému l’assemblée : « Grand frère Rigobert, je suis fier de toi malgré tout ce qu’on a pu dire. Tu avais deux missions : qualifier le Cameroun pour la Coupe du monde et pour la CAN. Tu as même rajeuni l’équipe sous nos yeux ».
Vers une nouvelle ère ?
L’Assemblée a validé plusieurs résolutions majeures :
- L’exclusion de l’ACAF et l’admission de l’ACAAF comme représentant officiel des arbitres.
- L’élection d’une nouvelle Commission Électorale.
- La recommandation d’un calendrier électoral allant du 11 août au 29 novembre 2025.
Le Président sortant Samuel ETO’O, sans confirmer sa candidature pour un second mandat, a laissé planer le mystère : « Je prendrai le temps d’y réfléchir ».
Au-delà du dirigeant, c’est l’homme Samuel ETO’O qui s’est exprimé : patriote, passionné, blessé parfois, mais toujours debout. Son discours, empreint de sincérité, a rappelé que le leadership n’est pas une posture, mais une traversée. Une traversée faite de convictions, de sacrifices, et d’une foi inébranlable en la dignité du football camerounais.
Hervé Patrick NKOUASSI envoyé spécial Globe Afrique Magazine à Mbankomo