On n’aurait jamais imaginé des prises de positions indépendantistes prononcées sans que cela ne s’apparente comme une défiance ouverte il y a une dizaine, vingtaine ou cinquantaine d’années sans sérieuses représailles politiques conduisant aux assassinats des chefs d’états ayant osé défier l’ordre colonial établi par les cellules secrètes successives de la politique africaine travaillant pour l’Elysée.
Ils sont à la tête des pays de l’AES qui figurent parmi les plus vastes et les plus riches d’Afrique de l’Ouest , et ils ont décidé ouvertement de rompre avec l’ordre colonial et d’apporter une nouvelle politique de développement, de relations diplomatiques, militaires et économiques au sommet des États dont ils ont la charge. Courir et faire des courbettes en bande organisée par une clique de Présidents soumis à la France lors des festivités marquant la fête de nationale ou par des délégations des pays concernés étaient devenus une tradition. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont rétabli l’ordre en exprimant haut et fort la réciprocité du respect dû aux États qui se disent indépendants. Ils ont ainsi entraîné une vague de jeunes esprits éveillés qui commencent à comprendre les enjeux et qui prennent désormais conscience de leurs rôles et des responsabilités qui sont les leurs pour la réelle libération de l’Afrique.
Les temps ont vraiment changé. La grande et puissante France, bien présente dans la liste des pays les plus riches et plus puissants au monde devra indubitablement revoir sa politique générale sur les pays africains considérés être dans son pré-carré ou elle sombrera économiquement au regard de la reprise en main du contrôle des ressources naturelles stratégiques qui jadis l’aidaient à se hisser parmi les plus grands mais aussi au regard du discours de rupture des nouveaux dirigeants qui veulent absolument rétablir un certain équilibre afin de permettre à l’Afrique autrefois asphyxiée de se relever et d’assurer le bien être à ses enfants affamés, considérés comme émigrés et refoulés des quatre coins du monde.