L’histoire tragique de la période coloniale française au Cameroun retracée dans un document de Mémoire permettra t’il au Cameroun de mettre enfin la France face à ses responsabilités pour qu’elle admette officiellement ses crimes à travers des massacres et les génocides perpétrés sur le territoire camerounais entre la période allant de 1945 à 1971 ?
Il ne fallait certainement pas être une âme sensible pour figurer dans la Commission Mémoire mise sur pied en 2022, au regard de la dimension obscurément horrible des archives qui devraient permettre de remettre en lumière la véracité des faits longtemps occultés par les responsables politiques français successifs depuis plus de 80 ans. La première partie du cérémonial noir s’est tenue le 21 Janvier à l’Élysée en présence du représentant du Président Paul BIYA, Samuel Mvondo Ayolo et les membres de la Commission Mémoire constitués de chercheurs et historiens camerounais et français sous la direction de Karine Ramondy et l’artiste Blick Bassy. Devant des invités pour la circonstance à la présidence de la République du Cameroun, le Chef de l’État Paul BIYA a relevé dans son discours le caractère sacrificiel des leaders de cette époque tous massacrés pour la libération de leur pays et qu’il a d’ailleurs évoqué dans son ouvrage « Pour le libéralisme communautaire » en 1987. Le devoir de mémoire qui s’impose implique une reprise en compte de la vraie histoire du pays.
Le document de 1000 pages dans lequel est inscrit le sang d’un peuple meurtri par une persécution occidentale permettra au Cameroun d’exiger sur la base des preuves tangibles des réparations au regard de l’ampleur des atrocités subies par les peuples victimes de cette barbarie qui a été longtemps étouffée.